Bouclier fiscal : le malheur d’être un plafond

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La controverse sur le bouclier fiscal fait rage. S’agissant d’un débat hautement politique et qui concerne beaucoup plus directement les particuliers que les entreprises, nous n’aborderons ce sujet que les doigts « gantés de prudence ». Il n’en reste pas moins que les turbulences actuelles peuvent donner lieu à méditation technique pour le fiscaliste, elles témoignent, une fois de plus, de l’extrême difficulté de corriger sans effets pervers un système fiscal déjà complexe… et pervers. Lire la suite…

Rédigé par Yann de Lestang le 12 avril 2010 à 8:57 | 1 commentaire

Bouclier fiscal : le malheur d’être un plafond


La controverse sur le bouclier fiscal fait rage. S’agissant d’un débat hautement politique et qui concerne beaucoup plus directement les particuliers que les entreprises, nous n’aborderons ce sujet que les doigts « gantés de prudence ». Il n’en reste pas moins que les turbulences actuelles peuvent donner lieu à méditation technique pour le fiscaliste, elles témoignent, une fois de plus, de l’extrême difficulté de corriger sans effets pervers un système fiscal déjà complexe… et pervers.

Des objectifs défendables

¦ Un principe d’harmonisation et d’’équité dans le maquis des impositions personnelles

Au fil du temps et de l’imagination du législateur, les prélèvements directs ou assimilés pesant sur un foyer fiscal se sont multipliés (IR, CSG, CRDS, diverses TF, TH, ISF). Ces prélèvements ont parfois des interférences entre eux, par exemple déduction des impôts locaux des revenus fonciers, allègements de ces impôts pour des faibles revenus fiscaux) mais elles sont très partielles et non coordonnées.

Il n’est donc en rien absurde de vouloir faire un bilan individuel de ces impositions et de constater souvent, in fine, particulièrement aux deux extrémités de l’échelle des revenus, qu’à un revenu disponible actuel égal, l’imposition réelle peut être extrêmement diverse et parfois démesurée. Bien entendu, ce sont principalement les impôts locaux et l’ISF, dont les assiettes font abstraction du revenu perçu face à l’actif en cause, qui expliquent ces variations, les premiers étant au surplus sujets à d’amples variations géographiques.

¦ Un taux maximal à la fois concret et symbolique

La mesure faite (on passera sur les difficultés techniques de l’exercice), on peut passer à la contremesure, à la limitation de ces variations qui peuvent sembler inéquitables (imposition différente de situations équivalentes) ou contre-productives (compétition fiscale internationale, incitation au travail et à la prise de risque). Le plus simple est évidemment de fixer un plafond au taux effectif d’imposition, garantissant au citoyen une proportionnalité minimum entre ses ressources et la taxation. Ce plafond, le pourcentage fixé, dénommé alors « bouclier », acquiert alors immédiatement une grande valeur pratique pour les contribuables concernés et une grande portée symbolique et politique : elle manifeste ce que la société considère comme spoliateur ou économiquement dangereux dans ses prélèvements sur les individus. Avec un certain manque d’originalité lorsqu’il s’agit de « partage », le législateur a fixé ce seuil à 50 % mais, après tout, c’était cohérent avec le barème de l’IR et avec un sentiment collectif intuitif de l’équité.

¦ Mais une faille redoutable en période de crise

Présenté en ces termes, le concept de « bouclier », abstraction faite, répétons-le, des subtilités nécessairement byzantines dans la définition du numérateur et du dénominateur, paraît donc plutôt séduisant et ingénieux. Au point qu’à la CCIP comme dans d’autres enceintes on avait pu réfléchir à la création d’un « bouclier fiscal entreprise » plafonnant les principaux impôts (IS, TP et autres taxes et impôts locaux, taxes d’urbanisme, etc…) frappant le système productif.

Un tel mécanisme pourrait même sembler plus utile encore que pour les particuliers, en apportant une lisibilité extérieure beaucoup plus vendeuse à la « Maison France » quant à son attractivité fiscale et en limitant les distorsions de concurrence considérables et guère justifiables que générait l’ancienne TP.

Mais tout « bouclier » de cette nature souffre d’une particularité dont on avait mal perçu les conséquences à son origine : certes, il corrige tant bien que mal les excès du système fiscal existant mais, en même temps, il limite considérablement les possibilités réelles d’aménagement futur, du moins à la hausse.

L’existence d’un plafond d’imposition crée une catégorie de contribuables insensibles aux augmentations de tel ou tel impôt inclus dans le bouclier, ce qui atténue, marginalement, le rendement de l’augmentation mais surtout déplaît à tous ceux qui doivent effectuer un effort fiscal alors que les « plus riches » ne voient pas leur situation évoluer. Quant au législateur, il perçoit le risque politique et aussi ressent une impression d’impuissance fort désagréable et de fictivité de son action.

Corriger la lourdeur du barème avec des niches, édulcorer l’ISF avec le bouclier puis « raboter » les niches, peut-être corriger, nuancer le bouclier, sans cesse notre système fiscal se complexifie pour atténuer les défauts de sa complexité.

Ce n’est pas le bouclier qu’il faut moralement condamner mais l’illisibilité et les contradictions internes du système qui ont conduit à le mettre en place.

Le chantier de la vraie réforme fiscale dont il avait déjà été parlé ici est ré-ouvert, en ne se cachant pas que l’heure n’est plus aux allègements d’impôts mais que, moins que jamais, la France ne peut raisonnablement trop s’écarter des places économiques voisines quant à la pression fiscale effective sur les entreprises et les acteurs les plus dynamiques (et mobiles…).

Yann de LESTANG

Rédigé par Yann de Lestang le 9 avril 2010 à 17:15 | Poster un commentaire

Agora / Taxe carbone : il est urgent d’attendre

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Le sommet de Copenhague approche et la lutte contre le changement climatique est un sujet de plus en plus présent dans les discussions internationales. En effet, un frein a été levé par le changement d’orientation politique des Etats-Unis sur ce sujet. En France, le débat se focalise sur la taxe carbone appelée contribution climat énergie. L’idée ici n’est pas de plaider en faveur ou non de la taxe carbone ou d’analyser son impact économique au niveau de l’économie française, mais de voir pourquoi il est urgent d’attendre les décisions prises au niveau international pour harmoniser nos politiques avec les politiques européennes. Lire la suite…

Rédigé par Hélène Perrin-Boulonne le 15 juillet 2009 à 14:50 | 2 commentaires

Vivisection d’une mourante: la Taxe Professionnelle

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Les lecteurs habituels du blog doivent lire heure par heure les péripéties de la mort annoncée de la taxe professionnelle. Ils comprennent certainement parfaitement les subtilités du passage d’un dégrèvement des investissements nouveaux à une exonération, totale ou partielle, de l’ensemble des actifs productifs. Ils savent la rigueur mais aussi la souplesse du principe constitutionnel d’autonomie financière des collectivités territoriales. Ils mesurent parfaitement les implications pour leur entreprise des mouvements de curseur sur le taux d’imposition minimale en fonction de la valeur ajoutée, où du maintien éventuel de la part foncière dans le plafonnement… A vrai dire, ils sont peut être pardonnables de ne pas absolument tout saisir… Lire la suite…

Rédigé par Yann de Lestang le à 12:51 | 3 commentaires

Agora / Impôt des riches ou économie du symbole ?


En ces temps de crise, c’est entendu, il faut faire payer les « riches » ! Voilà le nouveau credo éthique, et à vrai dire la dure loi économique que dicte le coût des fameux « stabilisateurs automatiques» du modèle social français. Oui, mais comment ?

Peut-on s’abstraire un instant de raison des incessantes vagues d’hystérie politico-médiatique qui nous submergent et tenter de faire le point ? Lire la suite…

Rédigé par Catherine Aylward le 8 avril 2009 à 11:52 | 3 commentaires

A quelles conditions 2008 ne reproduira pas 1929 ?

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Chaque jour qui passe rend davantage pertinente la comparaison entre la crise actuelle et celle de 1929 : détresse financière, chute des actions, entrée en récession de l’activité réelle. Mais comme on le sait, « l’Histoire ne se répète pas, elle bégaie ». Ce qui a fait de la crise de 1929, l’évènement économique majeur du XXème siècle, c’est moins l’effondrement boursier que la succession d’erreurs qui a suivi. Heureusement, Ben Bernanke, Président de la Banque Centrale américaine connaît bien cette histoire pour y avoir consacré sa thèse de doctorat. On peut donc espérer qu’il sait ce qu’il ne faut pas faire… Lire la suite…

Rédigé par Jean-Luc Biacabe le 6 octobre 2008 à 12:17 | 1 commentaire

Croissance « durable » : le jackpot ou le désastre ?

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La cause est entendue : l’économie mondiale et, en toute première ligne, les pays anciennement développés vont prendre vigoureusement le tournant d’une croissance plus économe en matière première et en énergie, plus respectueuse de l’environnement, plus précautionneuse mais aussi plus innovante et intelligente. Lire la suite…

Rédigé par Pierre Simon le 30 septembre 2008 à 15:04 | 5 commentaires

Il faut dire la vérité !

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« On n’est jamais puni quand on dit la vérité ». Ce principe d’éducation élémentaire vient d’être mis en pratique par le Président de la République. A-t-il eu raison ? Beaucoup d’esprits supérieurs penchent pour le non. Comme si la politique de l’autruche, voire pire, le mensonge ou la dissimulation, pouvaient constituer une réponse idoine à la crise de confiance qui mine les marchés financiers et menace de se répandre dans la sphère réelle. Inutile de se cacher derrière son petit doigt : les mois qui viennent vont être très durs, les français l’ont compris, et il est plutôt rassurant de constater que le premier décideur de France le sait aussi.

Fallait-il autant dramatiser ? Lire la suite…

Rédigé par Jean-Luc Biacabe le 26 septembre 2008 à 16:17 | 3 commentaires