Commerce international: que penser du G20 ?

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Rejeter le protectionnisme, conclure le cycle de Doha et consacrer 250 milliards de dollars au financement du commerce : tels sont les engagements phares des dirigeants du G20 en matière de commerce international… Au-delà de leur effet d’annonce, que penser de ces décisions ?

A l’issue du Sommet du G20, l’OMC est confirmée dans son rôle de gardienne du libre-échange : elle recensera et publiera, trimestriellement, les mesures isolationnistes prises par ses Etats-membres. Ce faisant, le G20 – en s’engageant au surplus, à s’abstenir de prendre toute mesure protectionniste jusqu’en 2010 – entend contrer une montée en puissance des pulsions isolationnistes aux effets éminemment pervers : outre que la réponse au protectionnisme est souvent… le protectionnisme, le déclin des flux commerciaux – déjà engagé, l’OMC prévoyant un recul du commerce mondial de 9 % en 2009 – génère des comportements protectionnistes lesquels contribuent, à leur tour, à l’effondrement du commerce international… Cela étant, depuis octobre 2008, la Banque Mondiale n’a fait état « que » de 47 mesures affectant négativement le commerce, soit une mesure protectionniste pour trois pays membres de l’OMC. Dès lors, il n’est pas certain que chercher à enrailler un mouvement protectionniste, pour l’instant largement circonscrit, constitue une mesure essentielle pour relancer la croissance mondiale…

En outre, les dirigeants du G20 réitèrent leur engagement pour parvenir à une « conclusion ambitieuse et équilibrée » du cycle de Doha sans, toutefois, qu’aucune échéance ne soit fixée. Un tel engagement n’est pas en soi novateur. En fin d’année dernière, lorsque Pascal Lamy avait reporté la réunion ministérielle de mi-décembre (sine die d’ailleurs), les appels en faveur de la conclusion du cycle de Doha s’étaient multipliés… sans que, pour autant, les négociateurs ne reviennent à la table des négociations. En sera-t-il différemment cette fois-ci ?

Les pays du G20 estiment qu’un accord dans le cadre du cycle de Doha stimulerait l’économie mondiale d’au moins 150 milliards de dollars par an. A première vue, le contexte actuel de crise économique pourrait donc se révéler favorable à l’obtention d’un accord au sein de l’OMC. Cela dit, même si Pascal Lamy estime que 80 % du chemin pour la conclusion d’un accord ont été parcourus, les 20 % restants sont incontestablement délicats à combler : depuis l’échec de la dernière réunion ministérielle (en juillet 2008), les vues des négociateurs ne se sont pas vraiment rapprochées… Les dissensions demeurent importantes, essentiellement sur le mécanisme de sauvegarde spéciale qui doit permettre aux pays en développement de protéger leur agriculture en cas de poussée massive et soudaine des importations. La conclusion du Doha Round dépend également du positionnement de la nouvelle administration américaine ; seule certitude, le Président Obama s’est dit prêt à s’engager. Il reste donc à voir si Pascal Lamy pourra, cette fois-ci, compter sur l’énergie politique des Etats membres de l’OMC, énergie jusqu’alors plutôt défaillante…

Incontestablement, il eut été difficile de faire fi de la menace protectionniste qui plane sur le commerce, depuis l’éclosion de la crise financière, et d’inviter Pascal Lamy à la réunion du G20 sans appeler à la conclusion du cycle de Doha… bien qu’un accord demeure encore largement conditionnel.

Dans ces circonstances, mettre 250 milliards de dollars à la disposition d’agences d’investissement et de crédit à l’exportation, d’ici à 2010, pour relancer le commerce international – comme l’a décidé le G20 – pourrait se révéler bien plus efficient que tous les discours politiquement corrects !

Rédigé par Stéphanie Jacquet le 6 avril 2009 à 17:11

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  1. Posté par la gouvernance du monde (G20) by flo14 - Pearltrees le 6 décembre 2011 à 10:34

    [...] Commerce international: que penser du G20 ? – Friedland, le blog de la CCIP Rejeter le protectionnisme, conclure le cycle de Doha et consacrer 250 milliards de dollars au financement du commerce : tels sont les engagements phares des dirigeants du G20 en matière de commerce international… Au-delà de leur effet d’annonce, que penser de ces décisions ? A l’issue du Sommet du G20, l’OMC est confirmée dans son rôle de gardienne du libre-échange : elle recensera et publiera, trimestriellement, les mesures isolationnistes prises par ses Etats-membres. [...]