Yves Saint-Laurent, avant-gardisme… Et succès économique
Compétitivité
Nous tenons à rendre un hommage sincère à Yves-Saint-Laurent. Célébré comme celui qui a « donné le pouvoir » aux femmes, le « prince de la mode » a rajeuni les codes et lancé un style révolutionnaire qu’il a su garder longtemps comme tel.
Bien sûr, l’avant-gardisme des précurseurs est toujours salué lors de leur mort… Et il n’est jamais exempte de liens avec la tradition.
Yves Saint-Laurent aura marqué l’histoire de la mode, cette composante essentielle de l’identité française. Mais il a aussi reçu de Christian Dior ce qu’il transmettra à plusieurs générations de couturiers, de stylistes, de parfumeurs, etc.
Il aura su incarner l’héritage dans la rupture, perpétuer la tradition de l’avant-garde, autant de paradoxes qui contribuent à faire de la création un champ essentiel, incontournable dans les réussites de notre pays.
Dès lors, la vie réussie d’Yves Saint-Laurent, m’amène également à m’interroger. Pourquoi la mode, l’esthétique, mais également, le design ne pénètrent-ils pas davantage l’activité des entreprises… De toutes les entreprises ? Et cela est d’autant plus dommageable que le sens esthétique demeure un atout reconnu sinon exploité de notre économie. Exalter la création par des formules incantatoires ne serait pas suffisant.
Réformer, s’adapter aux mutations, appréhender la mondialisation… tout ce vocable du changement n’implique pas nécessairement de chercher dans l’au-delà les clés du salut, mais bien de découvrir dans l’ici-bas les harmonies économiques.
L’industrie du luxe, la Haute-Couture, ne sont pas des activités à la marge. Elles jouent un rôle de leadership par leur capacité à innover constamment et par leurs méthodes. L’économie française pourrait tirer un grand profit en mêlant le monde de la recherche, celui de la création, celui du luxe avec celui de l’entreprise ordinaire. Le design, par exemple, constitue une plate-forme pour ces synergies. La mode et le design font entrer l’imaginaire et l’émotion au cœur de stratégies industrielles et technologiques … alors que seules 11 maisons bénéficient du label « Haute-Couture ». Ces préoccupations ne sont pas, je le sais, étrangères à nos grandes écoles de gestion.
Ce n’est pas un enjeu de « simple » ornementation, c’est un enjeu de compétitivité !
Faire de l’insolence créatrice une priorité … Voilà peut-être une recette à succès que nous a laissée Yves Saint-Laurent. Par l’originalité, la « touch of class », le détail raffiné, l’existence d’un style qui peut concerner une robe comme une ligne de produits courants ou de machines-outils.
Photo : coutorture.


