Financiers aux USA : Malheur aux vaincus !
Crise financière, FinanceNos médias, comme notre monde politique, croient constater, ravis, un renversement de la philosophie américaine face à l’argent voire face au capitalisme. Après l’ère Bush des affairistes, arriverait au pouvoir le messianique Obama qui ferait rendre gorge aux riches et aux banquiers. Certaines mesures annoncées, interprétées avec le prisme hexagonal ou européen peuvent, en effet, le laisser croire : ainsi donc on va tout faire pour récupérer les primes et bonus versés à des traders ou des dirigeants d’AIG, on va plafonner à un niveau fort modeste le salaire des dirigeants des banques en difficultés… Il serait tout de même incroyable que l’Europe se fasse dépasser par les USA en redistribution et « moralisation » pensent beaucoup.
Mais il y a là beaucoup de malentendus et de méconnaissance de la réalité américaine.
Il est sans doute exact que l’ère Obama se caractérisera par plus de souci des défavorisés, une augmentation (légère) de la pression fiscale, et surtout plus d’interventions publiques, pragmatisme anglo-saxons oblige en période de crise. Mais ce que manifestent principalement les mesures évoquées ci-dessus, c’est que la société américaine est plus dure, plus combattive, plus intransigeante que nos social-démocraties. Quelques faits en témoignent.
- On veut donner des rémunérations fort modérées aux Présidents de banques aidées, assimilées de fait à des fonctionnaires. Et personne ne songe à surtaxer les quelques « bons » gérants de hedge-funds dont les profits personnels ont dépassé le milliard de dollars.
- On veut taxer à 90 % les bonus (parfaitement légaux et habituels) chez AIG. Mais ce n’est pas parce que leur montant choque, c’est pour les punir. C’est parce qu’elles ont failli trahir la confiance de leurs clients, et sont devenues de fait la propriété de l’Etat, donc des contribuables américains présumés près de leurs sous.
- Le sieur Madoff finira sans doute ses jours en prison condamné à quelques centaines d’années de prison, alors qu’un escroc en France ne risque pratiquement que quatre ou cinq ans.
- Les financiers qui ont élaboré les mécanismes opaques des sub-primes sont honnis mais personne ne s’indigne quand des agences de voyage organisent des tournées, dans le but de faire bonnes affaires, chez les propriétaires expulsés par leurs banques pour défaut de paiement. Et aurait-on pu en France expulser de leur logis familial des dizaines de milliers de « pauvres » sans créer émois et émeutes ?
De même pas de larmes, y compris des intéressés eux-mêmes, pour les dizaines de milliers de cadres bancaires licenciés du jour au lendemain. La vague de « morale » financière aux Etats-Unis est donc vraisemblablement assez différente de celle, compassionnelle et redistributrice, de notre opinion publique. Elle est plus proche de celle du Far West : malheur au mauvais tireur… et la corde pour les tricheurs.



Merci pour cette mise au point. Ceux qui saluent l’avénement de Barack Obama comme la défaite comme la fin du paradigme libéral vont déchanter. L’économie de marché a la faculté de tenir compte deerreurs du passé pour se corriger …elle sortira aux USA renforcée ar cette crise. Mais en France ?
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En matière de relations économiques internationales,il faut en effet se garder de trop de naiveté et d’idéalisme,surtout avec les Etats Unis qui savent,quelque soit leurs présidences,garder une vision lucide de leur interêts.Les USA feront leur possible pour rebondir économiquement et industriellement,et leur politique expansionniste et de déficit public favorise l’érosion du dollar qui facilite leur compétitivité.Il n’est pas impossible que le paradigme libéral américain s’inflechisse sous l’ère Obama,que les heros du jour redeviennent plus les scientifiques ou les industriels que les financiers déchus,que le dispositif fiscal américain devienne moins favorable aux “super riches” qu’auparavant.Il y a neanmoins touts les chances que les gagnants soient toujours encensés et la redistribution massive considérée avec une méfiance morale.
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