De l’optimisme en économie de crise (2)
Crise économique, Crise financière, entreprises
Cet optimisme de principe ne sera porteur qu’à une condition: donner aux entreprises les moyens d’investir pendant la crise
Là encore, y a-t-il matière à optimisme ?
Ancien banquier et président de Générali, Antoine Bernheim, a ainsi librement fait état de son opinion -quoique discutée – affirmant qu’il ne voit « pas pourquoi cette crise est considérée comme plus inquiétante » que les autres alors que « ce n’est pas la première fois que les marchés s’effondrent [...] certains ont décrété qu’elle était d’une gravité extrême, ce qui a eu pour effet de démoraliser les investisseurs, alors que pour remonter les courants, il vaut mieux donner de l’espoir ». Aussi, « comme les Etats fournissant aux banques les liquidités nécessaires pour financer les entreprises, une certaine reprise de l’économie devrait intervenir assez rapidement ». S’il y a optimisme, il y en a peut-être en excès, ou, disons plutôt, que la mécanique ainsi présentée ne semble pas être complètement opérationnelle …
Des procédures sont en cours, à l’image du travail réalisé par le Médiateur du Crédit . La fluidité des capitaux ne semble cependant pas parfaitement assurée, même si des motifs d’optimisme pourront être décelés. Comme le relevait Jacques-Olivier Martin dans le Figaro de ce jour – page 15 – « les banques devront jouer le jeu » si l’on veut que les entreprises aient les moyens d’augmenter leur production lorsque une embellie apparaîtra.
Un sondage réalisé par Merrill Lynch auprès de gestionnaires de fonds au mois de mars, révèlerait que « les investisseurs n’ont jamais été aussi optimistes quant à l’économie mondiale depuis décembre 2005 ». Néanmoins si « les investisseurs veulent croire à une reprise de l’économie […] la prudence à l’égard des banques est une claire entrave à la prise de risques […]La manière dont les investisseurs vont faire face à ce déséquilibre entre l’optimisme vis-à-vis de la croissance et le manque d’enthousiasme face à la prise de risque, déterminera le destin du marché des actifs pour le printemps.[Cependant], l’optimisme concernant la croissance s’est traduit par une pondération plus élevée des actions et des produits de base provenant des marchés émergents[…] Si les résultats économiques continuent de suivre à la hausse les prédictions de croissance, alors il se peut que les investisseurs revoient leurs positions extrêmement sous-pondérées quant aux actions de la zone euro et du Japon».
Un journaliste de La Tribune relevait en effet hier matin, qu’ il y a, [plusieurs] raisons d’espérer pour « un printemps de l’économie » parmi lesquelles la baisse des taux interbancaires, l’amélioration des anticipations des industriels, un redressement du secteur manufacturier au Brésil, en Russie, en Inde et en Chine, une stabilisation des ventes de détail aux Etats-Unis (arrêt de la chute de consommation), et un nouveau départ des mises en chantier aux Etats-Unis.
En outre, le plan du Secrétaire d’Etat au Trésor américain, Tim Geithner, semble avoir été bien perçu par les marchés boursiers: « Paris : optimisme conforté par des stats US de bon augure » titrait Boursorama- un peu prématurément – à la fin de la journée d’hier. Il semblerait que « le sentiment que la situation économique s’améliore a également eu un impact sur les marchés « avec des commandes de biens durables bien meilleures qu’ attendu aux Etats-Unis et des statistiques sur les ventes de logements neufs qui ont soutenu les marchés boursiers mondiaux et les devises à rendement plus élevé », comme l’euro. » a rapporté Joel Kruger, de Forex Capital Markets, d’après une dépêche AFP. De là à faciliter l’indispensable écoulement du crédit dans les entreprises … Les dominos se relèvent toujours moins facilement qu’ils ne tombent. La frontière entre l’espoir et l’optimisme est ténue.
Le G20 qui se tiendra la semaine prochaine constituera une étape essentielle, peut-être déterminante pour une nouvelle régulation, où seront évoqués la gouvernance du FMI, la surveillance des fonds privés, les agences de notation, la rémunération des dirigeants, les fonds propres des banques, la modification des normes comptables,la fraude fiscale. Un consensus – formel – semble avoir été trouvé entre les 27 sur un certain nombre de ces points. Le fonds d’aide d’urgence à l’Europe de l’Est sera doublé et une aide de 75 milliards d’Euros devrait notamment être apportée au FMI. Les chefs d’Etats et de gouvernements ont cependant refusé de lancer de nouveaux plans de relance, se réservant la possibilité d’intervenir si la situation devait s’aggraver à nouveau, ce qui induit une position timidement confiante sur l’avenir.
Pour le directeur du FMI, plus « pragmatique » qu’ optimiste, la possibilité d’une reprise aura lieu « au premier semestre 2010 à condition que toutes les bonnes politiques soient mises en oeuvre en matière de soutien budgétaire ».
A titre « anecdotique », on ne pourra que remarquer la terrible inventivité rhétorique du Premier Ministre démissionnaire Tchèque, Mirek Topolanek critiquant les déclarations de M. Geithner, en affirmant que la politique américaine « d’action permanente [mène] aux enfers » ! « … Voilà très exactement ce que n’est pas l’optimisme.
Faute d’être pleinement convaincus par tout ce qui précède, mais avec une furieuse envie d’y croire et d’accélérer le temps, nous pourrons répéter la phrase suivante en continu jusqu’au 2 avril – et même après: « Le pessimisme est d’humeur, l’optimisme est de volonté » ! (Emile Chartier). Au fait, Alain : philosophe ou visionnaire ?



[...] idées, du monde entier vont émerger … Allez sur Springwise par exemple, et vous verrez. L’optimisme signifie croire fermement que l’intelligence, l’imaginaire, l’in… … Rédigé par Nicolas Belot le 26 mars 2009 à [...]
Moi aussi je suis optimiste !
Bien à vous
Gordon, Flash Gordon !
http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/economie/200914/g20-brown-se-montre-optimiste_199000.html?popup
Répondre
Tiens Nico,
Je viens de trouver cet article dans Les Echos, si ça t’intéresse …
Plutôt visionnaire Alain … Enfin tout dépend de la conception que l’on retient pour la philosophie …
Les marchés boursiers portés par un vent d’optimisme
[ 02/04/09 - 10H42 - actualisé à 14:52:00 ]
Les Bourses européennes gagnent en moyenne 3% jeudi en début d’après-midi et les marchés asiatiques ont fortement bondi, Hong Kong clôturant en hausse de plus de 7%. L’ouverture du G20 dans un climat consensuel, et quelques nouvelles sectorielles rassurantes, ont contribué à doper les marchés.
Alors que s’est officiellement ouvert le sommet du G20 à Londres jeudi, les Bourses asiatiques et européennes étaient nettement orientées à la hausse, portées également par la publication mercredi d’indices américains meilleurs que prévu.
Outre ce sommet, les marchés ont pris connaissance de la baisse d’un quart de point du taux directeur de la Banque centrale européenne (BCE), à 1,25%.
En Asie, Tokyo a jeudi gagné à la clôture 4,40% dans le sillage de Wall Street qui avait progressé mercredi, le Dow Jones ayant gagné 2,01% et le Nasdaq 1,51%. Sur les autres places asiatiques, les Bourses étaient également euphoriques : Shanghai a terminé en hausse de 0,72% et Hong Kong a clôturé en hausse de 7,41%.
En début d’après-midi, les marchés européens évoluaient largement dans le vert, en moyenne autour de 3%.
Les marchés, tout entiers tournés vers le sommet réunissant les 20 pays représentant 80% de la richesse mondiale, ont été jusqu’ici rassurés par un climat relativement plus consensuel qu’attendu. Des nouvelles plutôt rassurantes publiées ces derniers jours (par exemple par le secteur automobile) contribuent à doper les marchés. La réunion du G20, qui s’est officiellement ouverte vers 08H30 heure locale (07H30 GMT), et devrait se terminer vers 14H30 GMT. La volonté commune des pays pour sortir leurs économies de l’ornière et un renforcement de la régulation financière mondiale seront les principaux thèmes abordés alors que le monde devrait connaître cette année sa première récession généralisée depuis 1945 avec une forte poussée du chômage.
Si les Etats-Unis prônent pour y faire face une forte relance budgétaire, l’Allemagne et la France sont plus réticentes à creuser leurs déficits et demandent un renforcement de la régulation internationale sur les paradis fiscaux et les fonds spéculatifs (« hedge funds »). Le président Barack Obama a calmé le débat mercredi, estimant que les pays avaient « la responsabilité de coordonner (leurs) actions et de (se) concentrer sur les points communs et non sur des divergences épisodiques ». Mais il a souligné que son pays « ne pouvait être le seul moteur de la croissance » mondiale. Le G20 devrait également s’accorder pour augmenter les moyens d’institutions financières internationales comme le Fonds monétaire international (FMI) et s’engager à ne pas adopter de mesures protectionnistes.
Les Echos (Source AFP)
Répondre
Merci !
Effectivement, c’est la deuxième ou troisième semaine d’affilée que des signes positifs réapparaissent …De là à dire que tous les animaux ont embarqué dans l’arche, rien n’est certain …
Répondre
Par exemple, après avoir « alerté » optimisme sur Google aujourd’hui , j’ai trouvé les articles suivants:
-étonnant regain d’optimisme chez les patrons de PME
http://www.daily-bourse.fr/crise-etonnant-regain-d-optimisme-chez-les-patrons-Feed-AFP090402144920.3z1gxra9.php
-l’optimisme renaissant fait grimper les bourses
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/bourse/200904/02/01-842807-loptimisme-renaissant-fait-grimper-les-bourses.php
Il y a aussi des raisons d’être optimiste
Répondre
Les marchés asiatiques aussi semblent y aller !!!
2010, reprise par l’Amérique selon Strauss-Kahn ?!!!
Répondre
Vous pourrez d’ailleurs aller voir le lien ci-dessous
http://fr.ac-markets.com/actualite-financiere/flash-forex-2009-04-06.aspx
Répondre