Donner les moyens aux entreprises d’investir pendant la crise !

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Dans les Échos du 4 mars, le Président de l’association 100 000 Entrepreneurs appelait à une relance par les entrepreneurs en contrepoint de la relance par l’investissement public proposée par le gouvernement et de celle par la consommation proposée par le parti socialiste. Aujourd’hui, l’attente vis-à-vis des entrepreneurs est forte face, notamment, à une perte de confiance des français dans les grands groupes. Déjà fortement entamée par les vagues de délocalisations des dernières années, cette méfiance ne fait que se renforcer quand la presse relate la fermeture d’une usine appartenant à un grand groupe qui avait annoncé des bénéfices records quelques semaines auparavant. Tous les regards se tournent alors vers les PME pour créer et sauver des emplois.

Si l’on veut une croissance par les entrepreneurs et les entreprises,il est urgent de leur en donner les moyens. Si l’on applique le proverbe bien connu  « la meilleure défense c’est l’attaque » à la situation actuelle, on le traduira par investir pour être performant après la crise.

Pourtant, en période de crise, avec l’incertitude, l’allongement des délais de paiement, les problèmes de trésorerie, etc.… le risque est grand pour une entreprise de devoir retarder ou pire d’annuler ses investissements. Face à des difficultés financières, beaucoup d’entreprises sont contraintes de cesser leurs investissements et donc de bloquer le processus d’innovation et de renouvellement de leur offre de biens ou services et seront affaiblies au moment de la reprise.

Si le discours des décideurs politiques apparaît très favorable aux entreprises et notamment aux PME et aux ETI (entreprises de taille intermédiaire), certains signaux sont pour le moins inquiétants. Citons-en quelques-uns. Une étude d’Eurochambres montre que 45% des entreprises européennes prévoient de réduire de moitié leurs investissements au cours des 6 prochains mois. Du côté des investissements des fonds de capital risque, le début de l’année 2009 pourrait s’avérer relativement favorable pour des entreprises ayant des projets : les fonds ont encore de l’argent disponible qui a été levé en 2008 en grande partie grâce à la loi la loi TEPA. La crise survenue à l’automne dernier rend certes les investisseurs frileux et prudents, mais s’ils sont  plus sélectifs, en parallèle le nombre de projets à financer est en recul. En revanche pour le deuxième semestre, tout laisse présager un assèchement des fonds de capital risque, les levées risquant d’être beaucoup plus difficiles. Il est donc urgent pour les entrepreneurs de réaliser leurs projets qu’ils soient de création ou de développement. Il ne faudra pas compter non plus sur le dispositif d’aide aux start-up stratégiques pour participer au soutien à l’investissement. Ce dernier vient de présenter un bilan très décevant : trois ans après sa mise en place ce dispositif de soutien aux startups dites stratégiques a étudié 132 dossiers et financé 17 PME (pour des montants de 1 à 12 millions d’euros) mais parmi ces entreprises 12 sont passées sous le contrôle d’un investisseur étranger !

En bref, les perspectives pour les entreprises ayant besoin de financements pour investir s’assombrissent.

Investir et innover est pourtant l’essence même de l’entreprise et de l’entrepreneur et ceci est encore plus vital en temps de crise. Pour cela il ne suffit pas de volonté et d’idées, ce dont ne manquent pas les entrepreneurs, il faut aussi, on ne le dira jamais assez, des moyens financiers. Ces financements qui font en temps normal déjà cruellement défaut aux projets de développement des entreprises à potentiel sont aujourd’hui, avec la crise, encore plus difficiles à mobiliser. C’est peut-être l’occasion pour le système financier et ses opérateurs, sauvés par l’Etat, de montrer qu’ils sont également capables de jouer leur rôle de maintien en marche de la machine économique en donnant les moyens aux entreprises de continuer à investir pour être plus performantes quand la reprise sera là.

Rédigé par Hélène Perrin-Boulonne le 16 mars 2009 à 17:24

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  1. Posté par De l’optimisme en économie de crise (2) - Friedland, le blog de la CCIP le 26 mars 2009 à 20:59

    [...] Cet optimisme de principe ne sera porteur qu’à une condition: donner aux entreprises les moyens d’investir pendant la crise [...]

  2. Posté par Chuck Norris pour sortir de la crise - Friedland, le blog de la CCIP le 2 juin 2009 à 18:16

    [...] effet, les crédits mis à disposition des entreprises déjà existantes par les banques sont loins d’être suffisants. Même si des solutions alternatives émergent, petit à petit. On pourra citer l’exemple – [...]