Anciens et nouveaux médias économiques: quel avenir commun ?

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Révolution des modes de production, de diffusion, de consommation, développement des journaux gratuits, généralisation d’Internet et du Web 2.0 ont mis en avant les faiblesses de la presse « traditionnelle » française, la lourdeur de ses procédures industrielles, les carences de sa distribution et sa faible rentabilité : elle souffre aujourd’hui, en France, d’une grave crise dont témoigne, notamment, l’érosion de son lectorat.

Pour certains, cette crise de la presse sera moins  une question de contenus proprement dit que de nouveaux usages et d’adaptation des contenus aux modes de lecture. Internet devenant même l’ «instrument de revanche des classes moyennes »,  et la presse traditionnelle « s’accrochant à l’ancien système de pouvoir politique… ».

Pour d’autres,la crise de la presse tient notamment à la quantité d’espace publicitaire disponible sur le net, répartie « entre tout un tas d’acteurs, qui en gagnent un peu chacun », les véritables gagnants étant les agrégateurs de publicité, dont le plus important, Google, se trouve en position largement dominante. Dans ce système, avec plus de lecteurs, les médias font pourtant moins de recettes. Cette situation met en avant la répartition inégale des gains entre producteurs d’informations et agrégateurs.

Les explications sont nombreuses, et nous ne pourrons pas toutes les reprendre.

C’est dans ce contexte cependant que le Président de la République a souhaité que se tiennent les Etats Généraux de la presse écrite.

Ils n’ont toutefois pas traité spécifiquement de la presse économique, alors que de nouveaux médias spécialisés ont vu le jour et que la révolution numérique contribue à remettre en cause les présupposés propres aux médias de ce secteur, à leur identité et à leurs modèles. Comme l’explique Econoclaste, les centres de profit « annonceurs » et « paiement des lecteurs », sont plus importants pour les médias « éco » que pour les autres.

Cela ne les exclut cependant pas de la crise. Alors même que l’information économique, les journaux, les sites, les blogs, les chaînes de télévision, les radios spécialisées dans la vie des affaires contribuent à orienter les choix des décideurs publics et des entrepreneurs, au moins autant qu’ils éclairent les profanes.

Leur influence, et plus spécialement dans la période actuelle, est capitale, favorisant ou non la confiance.

Dans le même temps, on constate depuis plusieurs années déjà que l’économie, en tant que discipline, souffre d’un manque de compréhension, de diffusion et d’accessibilité. Des enquêtes menées par le Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie sur le niveau de connaissance des Français en économie montrent à la fois, leur compréhension insuffisante et limitée, leur intérêt et leur volonté manifeste de mieux la comprendre et leur conscience de la prépondérance qu’elle revêt dans la société actuelle.

Dans une étude quantitative réalisée en décembre 2008, il a cependant été constaté que la lecture dans la presse des sujets relatifs à « l’économie et aux placements » arrivait en 8e position, entre les sujets cuisine et santé bien-être.

C’est un constat étonnant et décevant. Etonnant parce qu’une partie essentielle de la vie des français dépendra du contenu de cette information et de leur capacité à l’arraisonner. Etonnant parce que les technologies numériques, notamment, donnent un accès permanent à une pluralité de sources. Enfin, c’est un constat décevant parce qu’il pourrait laisser croire que l’économie ne contribue pas à rendre les individus plus libres. L’existence d’une presse économique pluraliste et de qualité joue pourtant un rôle déterminant dans la vitalité de notre « démocratie économique ».

Face à ces constats, quelle est la spécificité des médias « éco » dans le paysage médiatique français et international ? Quels sont les modèles à inventer ? Quel équilibre entre les « anciens » et les « nouveaux » médias ?

En présence de représentants du monde des médias et de spécialistes de la presse française et étrangère, les Entretiens Friedland « Anciens et nouveaux médias économiques : quel avenir commun ?» ont pour ambition de participer à la réflexion sur l’avenir d’un modèle équilibré de la presse économique.

Il semblerait vain de vouloir répondre définitivement et exhaustivement à cette question au regard du temps imparti. Mais il convient de lancer des pistes. Ces pistes ne resteront pas sans suite car elles seront prolongées sur ce blog où elles pourront être discutées par tous, lecteurs et commentateurs.

L’Entretien de Friedland aura lieu à 17h15, 27 avenue de Friedland.

A ce soir !

Rédigé par Nicolas Belot le 10 mars 2009 à 2:20

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  1. Posté par Marco le 11 mars 2009 à 3:08

    Sur les modèles, il me semble que l’article en lien apporte quelques éclairages intéressants
    http://www.slate.fr/story/payant-ou-gratuit

    Répondre

  2. Posté par Anciens et nouveaux médias économiques(2) - Friedland, le blog de la CCIP le 17 mars 2009 à 13:09

    [...] La semaine dernière, nous vous parlions de notre conférence-débat sur le thème “anciens et nouveaux médias économiques: quel avenir commun…. [...]