Agenda 21 local et Plan climat-énergie territorial : entreprises, où êtes-vous ?
Environnement
Agenda 21, Plan Climat : comme ces mots sonnent bien, comme ces néologismes résonnent favorablement !
Et pour cause : l’agenda 21 local est un outil « intégré » qui vise au final l’édification d’un projet de territoire durable, rien de moins. De son côté, le plan climat-énergie a vocation à regrouper des mesures propres à réduire les émissions de CO2 dans une perspective de lutte contre le réchauffement. Qui dit mieux ?
Et pourtant, les retours d’expérience font apparaître d’une part que les entreprises sont peu impliquées dans les processus de concertation inhérents à ce type de démarches. D’autre part, et cet élément doit être relié au précédent, la dimension économique et les interactions entreprises-territoire sont peu abordées – et cela alors même que, par exemple, le cadre de référence national de l’agenda 21 comporte parmi ces cinq grandes finalités, en toute logique, la « dynamique de développement suivant des modes de production et de consommation responsables ».
Et alors, direz-vous ? En ces temps de crise, les entreprises n’ont-elles pas d’autres priorités ? Et, en tout état de cause, ne faudrait-il pas davantage les sensibiliser au développement durable et aux opportunités qu’il présente avant de les noyer ainsi ?
Si ces objections tombent sous le sens, à la réflexion un doute s’immisce. Ainsi donc, un projet de territoire durable peut-il sérieusement tenir à l’écart les entreprises, compte tenu de leur poids et de l’impact potentiel de leurs activités, notamment en Ile-de-France ? Ces outils ne supposent-ils d’ailleurs pas, pour leur réussite, l’implication de l’ensemble des acteurs ainsi que la recherche d’une vision commune et d’intérêts partagés ? Et au-delà, est-il utopique de penser que plus l’entreprise sera intégrée à son territoire et aura conscience de ses enjeux, plus elle sera incitée à se développer « durablement », sachant qui plus est qu’aussi bien l’Agenda 21 que le Plan climat visent au final la mise en place d’actions concrètes (ex : gestion environnementale dans les zones d’activités, amélioration de la mobilité via les plans de déplacements d’entreprise, maîtrise des risques,…) ?
De deux choses l’une, en effet : soit on convient que ces projets relèvent d’une approche cosmétique et trahissent un goût pour une certaine communication flamboyante, auquel cas, effectivement, les entreprises n’y trouveront sans doute pas leur compte. Soit au contraire, on considère que ces démarches sont porteuses d’une dimension stratégique pour le territoire : il ne serait dès lors pas concevable que les entreprises et la logique économique en soit exclus.
Car au-delà de tout, reste une réalité difficile à nier : les dirigeants d’entreprises se doivent aujourd’hui d’intégrer la dimension territoriale dans leur vision stratégique, dans l’anticipation de leurs besoins, ainsi que l’impact des décisions locales sur leur activité. Réciproquement les collectivités seraient bien inspirées de mieux cerner les enjeux des entreprises ainsi que leurs contraintes, et contribuer à faire émerger des conditions favorables à la fois au développement économique et aux enjeux sociétaux actuels.
L’agenda 21 local et le Plan climat pourraient de ce point de vus se révéler très utiles, à plus forte raison si l’on songe que, suite au Grenelle de l’environnement, ils devraient être amenés se développer.
C’est du reste en substance, parmi d’autres propositions, ce que préconise de la CCIP dans son rapport « PME-PMI et développement durable en Ile-de-France : un cap à passer pour dynamiser notre économie » récemment adopté.


