Financement des entreprises : l’effet exceptionnellement puissant du « levier de Luxembourg »!
Crise financière, Europe
Dans le contexte de la crise financière actuelle, l’apport d’argent frais, quoique fort appréciable, ne saurait suffire à résoudre tous les problèmes. La vraie question est : comment peut-on optimiser les ressources disponibles pour agir vite et le plus efficacement possible ?
Grâce au plan d’appui mis en place par la DGECFIN entre 1998 et 2006, 27 fonds (dont 7 français) ont pu bénéficier de quelque 300 M€ au titre du co-financement de garanties. Cette somme a permis de mobiliser effectivement 27 MM€ à ce titre. Grâce à cet effet multiplicateur de 1 à 90, des emplois ont pu être maintenus ou créés pour un coût unitaire de l’ordre de 1.000€, ce qui constitue une vraie performance.
A ce dispositif s’ajoutait une somme équivalente destinée à des fonds de capital-risque. Là encore, un effet multiplicateur non négligeable de 1 à 6 a permis d’injecter près de 2 MM€ dans des activités à fort potentiel – mais particulièrement aléatoires dans leur développement.
Cette recette efficace a été transposée dans le cadre du Programme Innovation et Compétitivité (PIC) qui, sur la période 2007-2013, prévoit l’attribution de 1,13 MM€ répartis, à parts à peu près égales, entre les deux mêmes types de dispositifs. C’est ainsi que plus de 500 M€ servent cette fois à alimenter des garanties qui, si le ratio précédent est préservé, pourraient atteindre une enveloppe globale de 45 MM€. Quant aux PME innovantes et à forte croissance, elles peuvent là aussi bénéficier du produit « bonifié » des autres 500 M€ pour financer leur démarrage et leur expansion.
Ce mécanisme sera complété en 2009 par le DRC (Dispositif de Renforcement de Capacités) qui visera essentiellement à financer l’acquisition de know-how.
S’agissant du volet « Garanties », le Fonds européen d’investissement (FEI), qui gère ces sommes pour le compte de la Commission européenne, a, pour le moment, passé quatre accords, dont deux en Belgique (FdP) et en Allemagne (KfW). Les deux derniers viennent de l’être en France, respectivement avec la Socama (groupe Banques Populaires) et la SIAGI (Chambres de Métiers et de l’Artisanat). Pour Christian Le Seac’h, Président de la Socama, l’offre qu’il peut proposer aux entrepreneurs grâce aux fonds européens est particulièrement attractive car « elle permet d’être beaucoup plus flexible en termes d’octroi de garanties ». En effet, l’Europe assurant une part du risque, l’entrepreneur qui sollicite une garantie n’est plus obligé de gager tous ses biens pour en bénéficier.
Ce stimulant est donc remarquablement bénéfique pour toutes les parties prenantes, notamment pour les PME.
Il reste que ces mécanismes sont encore trop peu connus des bénéficiaires finaux, ce qui est particulièrement dommage en ces temps si troublés. C’est pourquoi je suggère aux entrepreneurs de prendre sans tarder « le chemin de Luxembourg » en n’hésitant pas à solliciter les intermédiaires financiers de proximité qui sont à leur service.


