La crise, les entreprises, l’Europe

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Petit-déjeuner ce matin à la Chambre avec des chefs d’entreprise venus entendre Christian de Boissieu (Président du CAE) et Michel Didier (Directeur de COE-REXECODE) sur la crise financière. Sans surprise, leurs propos sont peu réjouissants et tous les patrons de PME présents nous font remonter les difficultés croissantes qu’ils rencontrent avec leurs banquiers et surtout leurs assureurs crédits.

François Drouin d’OSEO nous explique le plan qu’il est en train de mettre en place à la demande du gouvernement. Pour l’instant, le numéro vert destiné aux PME démarre doucement : moins de 400 appels quotidiens. Ce chiffre me confirme dans le sentiment que, collectivement, nous sommes tous dans l’anticipation d’une crise réelle dont les effets sont encore largement à venir.

François Goulard, ancien Ministre de la Recherche, nous fait part de ses inquiétudes : au-delà des effets réels, cette crise donne surtout prétexte au politique de revenir dans le jeu économique selon des modalités interventionnistes qui rappellent une période que l’on croyait révolue. Tout le monde est bien d’accord sur la nécessité de prendre le relais d’un système financier temporairement hors jeu. Mais saura-t-on éviter de retomber dans les pièges passés, où la puissance publique pensait savoir mieux que les professionnels comment financer l’économie ? A suivre …

Autre ressenti important : au-delà des moments difficiles à passer à court terme, ne pas perdre de vue nos problèmes structurels qui ont noms « manque de compétitivité », « insuffisance du nombre de moyennes entreprises », « problèmes de fonds propres des PME », etc… Ne pas se laisser hypnotiser par le court terme.

Malgré ce paysage très sombre, un constat positif quand même : l’Europe sort, pour l’instant, grandie de cette crise. Les dirigeants européens n’ont pas eu besoin de règles institutionnelles pour trouver des solutions hors normes à une crise hors normes. Loin de l’habituel spectacle des égoïsmes nationaux, des chamailleries sur les institutions, l’urgence a transcendé tour le monde. Comme le dit un participant, cette gestion de crise a créé un précédent. Or les « précédents » en Europe sont souvent plus importants que les Traités ! Ce ne serait pas la première fois que d’un mal sortirait un bien !

Rédigé par Pierre Simon le 22 octobre 2008 à 11:14

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  1. Posté par Jérôme le 22 octobre 2008 à 15:17

    Les entreprises américaines n’ont semble-t-il globalement pas de difficulté à obtenir des crédits malgré la crise ( http://www.marginalrevolution.com/marginalrevolution/2008/10/where-is-the-cr.html ). Comment faut-il interpréter les difficultés croissantes que rencontrent les patrons de PME avec leurs banquiers ? S’agit-il d’un problème propre à la France ? Ou alors seules les PME ont des difficultés, ce qui n’apparaît pas dans les chiffres agrégés ? Je suis allé voir sur les sites de la banque centrale européenne et de la banque de France, mais ils ne fournissent pas de données récentes (ils s’arrêtent à août 2008).

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    Réponse de J.-L. SCARINGELLA le octobre 22nd, 2008 à 21:55

    Le phénomène est international.Il est par exemple constaté en Allemagne et en Espagne.Les banques sont à cours de liquidité car elles ont du mal à se refinancer sur le marché interbancaire.Les clients qu’elles ont tendance à servir en dernier sont les PME dont la surface financière est la plus faible et qui n’ont pas négocier des lignes de crédit mobilisables, comme le font les grandes entreprises.
    C’est pourquoi les mesures décidées par le gouvernement sont intelligentes: 22 milliards d’euros sont débloqués pour les banques et pour OSEO pour leur permettre de satisfaire les demandes de crédit des PME.Et il est organisé un « reporting » afin de s’assurer que ces financements vont bien aux PME.
    Mme LAGARDE et M.NOVELLI ont présenté hier à la CCIP ce dispositif qui est opérationnel à une assemblée de chefs d’entreprises et de banquiers.
    Il devrait selon moi permettre d’ éviter le « credit crunch », c’est à dire le transfert à l’économie réelle de la crise de liquidité du système bancaire.

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