La crise bancaire et l’euro
Crise financière, Europe, Monnaie
Le cafouillage franco-allemand sur la mise en place d’un éventuel plan de sauvetage du système bancaire allemand vient rappeler au plus mauvais moment qu’il n’y a qu’un seul pilote dans l’avion européen et que c’est la BCE. Nul Trésor européen n’est en état, sur le modèle américain, de monter un plan d’urgence en s’endettant. Au contraire, la réaction de la chancelière allemande, qui refuse que le contribuable allemand vienne au secours d’éventuelles banques françaises ou italiennes défaillantes, souligne que la subsidiarité en la matière vaut refus de solidarité financière. Certains en tirent (une nouvelle fois !) la conclusion que c’est l’euro lui-même qui est menacé.
A bien des égards, cette prédiction paraît excessive : ce qui menacerait l’euro, ce sont des doutes sur la solidité financière de son organisme émetteur, en l’occurrence, la BCE. Et pour le coup, on peut espérer qu’en cas d’urgence, tous les Trésors européens viendraient au secours de celle-ci. Ce qui serait alors en jeu, ce serait moins la situation de quelques banques encore largement nationales, mais bien la monnaie commune. Pour l’instant, rien ne présage une telle suspicion, la BCE étant, de toutes les banques centrales, celle qui a fait le moins d’erreurs depuis quatorze mois. Bien sûr, il conviendra de surveiller le vrai baromètre de l’euro qui est sa valeur contre le dollar. Mais pour l’instant, si la monnaie européenne se replie, c’est plus à cause de l’entrée en récession de la zone qu’à cause d’une éventuelle défiance des investisseurs.
Si l’euro semble donc, au moins temporairement, à l’abri, il n’en va pas de même de l’idée européenne. On le savait, le projet européen est bancal : un marché unique, une monnaie unique mais pas de gouvernement fédéral. La crise actuelle souligne combien il est illusoire de rêver à un marché bancaire unifié tant qu’il n’y aura pas un prêteur en dernier ressort européen qui puisse garantir les actifs du secteur bancaire unifié. On découvre ainsi que cette construction bizarre qu’est l’Union Monétaire Européenne est encore plus bizarre qu’on ne le pensait puisqu’elle a réussit à créer un espace monétaire commun sans unification bancaire et financière. Les pessimistes y verront la confirmation de leur sombre pronostic sur l’erreur historique, à leurs yeux, que fut l’euro. Les optimistes se consoleront en se disant que c’est dans les crises que se prennent les décisions les plus difficiles. L’une de celles-ci, comme le suggère une note récente de Bruegel, pourrait être la création d’un régulateur financier unique en Europe en complément, voire en substitut, des autorités nationales actuelles. D’un (grand) mal pourrait sortir un (petit) bien. Ce ne serait pas la première fois.



Un peu pessimiste,peût être? Certes la subsidiarité se manifeste souvent en manque de solidarité.Certes les marchés ne sont pas unifiés:Mais la BCE n’est elle pas tout de même le preteur en dernier ressort du système Euro,et ne peut elle organiser efficacement une réponse à la crise de liquidité et au manque de confiance interbancaire? Evidemment,pour la crise initiale et fondamentale de solvabilité c’est autre chose,et chacun se bat un peu pour soi.In fine pourtant la restructuration du système bancaire sera sans doute accéléré,et on se retrouvera avec une « simple « récéssion logique après une surchauffe internationale et des bulles sur les prix d’actifs:La priorité individuelle et collective doit être que les investissements réels les plus utiles,dans l.innovation,le développement durable,ne soient pas trop sacrifiés
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Oui,je partage ces considérations.On mesure bien en ce moment tout ce que les pays européens doivent à l’Euro.
Et notamment la France…En d’autres temps,pas si lointains, celle -ci aurait dû dévaluer depuis longtemps sa monnaie affaiblie par les déficits publics,l’endettement de l’Etat et le déséquilibre de sa balance commerciale.
On ne félicitera jamais assez la BCE et JC Trichet d’avoir su résister à la tentation de l’argent facile ,à la différence de la Fed « sous » A.Greenspan.C’est en grande partie à cause de sa politique axée sur des taux d’intérêt trop bas que les banques américaines ,ou opérant aux Etats-Unis, ont pu prêter de manière inconsidérée.
Et l’Allemagne au système bancaire fragile est aussi aujourd’hui protégée par l’euro,ce qui n’est que justice car elle a grandement contribué à soutenir la politique avisée de la BCE quand d’autres prônaient le laxisme… en criant haro sur le Trichet
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