Dans la jungle des affaires…
Entreprise, ETI
Mercredi 16 décembre dernier, se tenait au sein des locaux de l’hôtel Potocki « les Entretiens Friedland » organisés par la CCIP sur le thème des Entreprise de Tailles Intermédiaires, en présence d’Hervé Novelli et d’Yvon Gattaz. Au-delà des chiffres et des exposés scientifiques, quelque chose de plus trivial m’a particulièrement frappé, ourlé dans le langage employé par les différents intervenants et par l’auditoire. Est-ce dû à la déferlante verte et environnementale de l’année 2009, qui réveille en chacun d’entre nous l’écolo qui sommeille en lui ? Il n’empêche qu’à y écouter de près, j’ai eu la vague sensation que le monde des affaires avait des allures de jungle…
Les TPE seraient des « oursons », les PME dynamiques des « gazelles », les ETI des « petits tigres » et les grands groupes des « éléphants ». La segmentation économique prend alors des allures de bestiaire…et nous invite à comparer les aspects économiques de ces catégories d’entreprises avec les traits principaux qui caractérisent chaque espèce animalière à laquelle elles se rapportent.
Tout d’abord, les TPE, ou les « small one ».
Constat économique : cette catégorie est principalement constituée d’entreprises individuelles. Cette forme d’exploitation, qui ne bénéficie pas d’une structure juridique adaptée (sauf dans l’hypothèse de l’adoption de la future EIRL) est pourtant la forme qui rassure le plus les petits entrepreneurs en raison de sa simplicité. Elle fait preuve d’une grande diversité et l’on considère souvent qu’elle n’est pas une fin en soi. Ainsi, ces TPE doivent encore grandir avant d’arriver à maturité.
Constat animalier : Nous avons entendu parler des « oursons ». Ce petit de l’ours, deviendra plus tard un redoutable prédateur, bien qu’il évoque aussi la tendresse et la douceur. Pour les petits, lorsqu’il est en peluche, il rassure. Depuis Théodore Roosevelt et son célèbre Teddy Bear, son allure sympathique et pacifique fait de lui l’un des animaux préférés des petits américains puis des européens.
Ensuite, les PME de croissance.
Constat économique : On désigne par Gazelles les petites et moyennes entreprises « de croissance », c’est-à-dire celles qui sont les plus dynamiques. L’Etat a mis en place des programmes visant à leur apporter des financements, l’accès à des spécialistes, le soutien des investisseurs de proximité. Elles bénéficient aussi d’allégements fiscaux et sociaux destinés à enlever les barrières qui se dressent sur le chemin de ces bolides. L’objectif est de leur donner une bouffée d’oxygène, pour qu’elles poursuivent, dans la durée, leur développement rapide.
Constat animalier : Les gazelles sont des animaux agiles, vifs et très rapides à la course. Dotés d’une excellente vision, elles peuvent apercevoir un prédateur à 300 mètres de distance. Elancées et gracieuses, elles ont une ossature légère, mais une musculature concentrée, ainsi qu’une grande flexibilité. Enfin, elles sont bien souvent des proies pour les lions, et sont également reconnues pour leurs bonds en cas de courses effrénées contre ces prédateurs.
En troisième position, les ETI.
Constat économique : Les ETI sont des entreprises particulièrement dynamiques et performantes, voire même des championnes économiques. Elles sont majoritairement des entreprises patrimoniales, qui appartiennent à une personne, une famille ou à des associés. Leur structure de capital leur permet de prendre des décisions stratégiques et à long terme, sans la pression de financiers comme cela peut arriver dans les grandes entreprises. Elles représentent aujourd’hui 21% de l’emploi salarié et un tiers des exportations françaises.
Selon Mme Lagarde, « elles sont assez grandes pour être fortes, elles sont assez petites pour être indépendantes ». Agiles et réactives, elles ont toutefois besoin d’un meilleur environnement réglementaire pour faciliter leur développement car elles sont encore trop peu nombreuses en France.
Constat animalier : Aisément reconnaissable, le tigre est le plus grand félin sauvage du monde. Il est en quelque sorte un « superprédateur ». Ce félin solitaire n’aime pas partager son territoire. Le tigre symbolise généralement la force, le courage, la vivacité et l’audace. L’espèce est toutefois considérée en danger et est désormais protégée sur l’ensemble des pays où elle vit.
Enfin, les grandes entreprises, les « Big one ».
Constat économique : Les « big one » constituent le dernier maillon de la segmentation économique. Entreprises de plus de 5000 salariés, elles ont une structure imposante et plus lourde à manœuvrer qu’une entreprise de taille inferieure. Elles sont systématiquement construites sous la forme d’un groupe avec des sociétés mères imposantes et des filiales plus petites.
Constat animalier. : L’éléphant, réputé pour sa sociabilité, est le plus gros animal terrestre. Il possède une très longue espérance de vie. Connu pour sa mémoire et son intelligence, il est le symbole de sagesse et de prospérité dans la culture asiatique. Aristote avait d’ailleurs dit que l’éléphant est « la bête qui dépasse toutes les autres par l’intelligence et l’esprit ». Les éléphants vivent en groupe structuré, généralement de forme matriarcale.
Après cette comparaison, somme toute fantaisiste, force est tout de même de reconnaître que le vocabulaire de personnification est relativement bien choisi. A ceci près que l’ordre de grandeur ne correspond pas nécessairement à celui de la chaîne alimentaire ….
Mais, le plus surprenant dans tout cela, c’est que les participants ont également utilisé le terme d’ « écosystème » à plusieurs reprises.
Bien que cette notion soit propre au monde biologique, elle trouve, il est vrai, très bien à s’appliquer au monde de l’entreprise. En effet, un écosystème est l’association d’une communauté d’espèces vivantes (on pourrait y comprendre ici les entreprises) et d’un environnement physique constitué d’éléments (qui seraient alors juridiques, sociaux, fiscaux, économiques) dont elles ont besoin pour vivre.
De là, il n’y a plus qu’un pas à faire pour s’imaginer le quotidien des entrepreneurs : évoluant, à dos d’une monture adaptée à leur projet, dans un fouillis verdoyant, un univers souvent instable, parfois aride, où règne la diversité et où l’emporte tous les jours l’instinct de survie…



Bonjour,
J’ai du mal à comprendre l’intérêt de votre article, qui montre une vision très naïve de l’économie. Quelle problématique cherchez-vous à soulever ? Le bestiaire dont vous semblez vous moquer, trouve sa source dans les travaux d’un économiste américain du MIT.
Le terme de gazelles a été utilisé par David Birch, l’inventeur de la démographie des entreprises, chercheur au MIT, autour des années 1980 pour désigner les jeunes entreprises à croissance rapide. Il a été adopté par le ministère des PME et Renaud Dutreil, le ministre des PME, qui en 2006, a fait voter un texte fiscal destiné à encourager le développement des gazelles en France. L’apport majeur des travaux de Birch est de s’être intéressé non pas à une vision statique des entreprises mais à une vision dynamique des entreprises. Des entreprises se créent grandissent, génèrent des richesses, et meurent quand elles ne sont plus rentables. C’est un cycle économique normal.
Vous évoquez les ETI, le nouveau “chouchou” des pouvoir publics. Elles sont certes à l’origine de créations de valeurs et d’exportation, mais elles n’ont pas besoin d’aides. Les politiques publiques doivent se concentrer sur la problématique de la croissance des entreprises. Si la France veut plus d’ETI il faut qu’elle favorise la dynamique entrepreneuriale plutôt que d’aider des entreprises qui n’en ont pas besoin ! Rappelons que ce ne sont pas les ETI qui font la force de l’économie américaine, et surtout ce qui lui donne une capacité à redémarrer rapidement en période de crise. Rappelons qu’actuellement l’économie allemande connue pour l’importance de ces entreprises de taille moyenne résiste très mal à la crise et son industrie est très touchée par la concurrence chinoise. Une question : après les ETI qu’elles seront les prochaines entreprises à la mode ?
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Bonjour cher(e) gazelles ,
Merci pour votre commentaire, qui mérite une réponse.
D’abord, sur l’intérêt de l’article, vous pourrez noter, qu’il aura au moins eu celui de vous faire réagir et de faire partager vos connaissances à nos lecteurs… et les sites qui ont inspiré votre introduction : http://www.ifrap.org/Les-Gazelles-ces-entreprises-a-croissance-rapide,1181.html
Ensuite, sur l’aspect naïf de la présentation, permettez simplement que de temps en temps, l’économie puisse être rédigée en des termes abordables et simples, sans nécessairement faire appel à un lexique d’experts qui n’a pas lieu d’être dans un blog ouvert au public (Kant n’a t-il pas dit ” l’apparence requiert art et finesse ; la vérité, calme et simplicité” ?). Je note quand même que dire cela, à propos de termes qui ne m’appartiennent pas, revient en réalité à remettre en cause le bien fondé de la réfléxion de ceux qui les ont utilisés comme Birch, Gattaz ou Dutreil, et qui pourtant semblent avoir recueilli votre assentiment…
Par ailleurs, si le ton, j’en conviens, est très léger, il n’est nullement question de moquerie. Il y a t-il une seule tournure de mes developpements en ce sens ?
Enfin, vous me demandez quelle problématique j’ai essayé de soulever. Je vous réponds par une question : pourquoi faudrait-il toujours chercher à soulever une problématique ?
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