Croissance « durable » : le jackpot ou le désastre ?
Aménagement du territoire, Compétitivité, Concurrence, Environnement, Politique fiscale
La cause est entendue : l’économie mondiale et, en toute première ligne, les pays anciennement développés vont prendre vigoureusement le tournant d’une croissance plus économe en matière première et en énergie, plus respectueuse de l’environnement, plus précautionneuse mais aussi plus innovante et intelligente.
Ce n’est plus seulement le vœu de philosophes, d’ONG ou de technocrates mais celui, massif, de la population, touchée à la fois dans son portefeuille et dans son instinct vital de survie par la hausse du prix du pétrole et les perspectives de dérèglement climatique.
Et il s’agit bien du souhait profond d’une croissance, différente certes, mais bien réelle, aussi éloignée que possible des utopies régressives ou néo-rurales de certains milieux marginaux : si on est préoccupé de son pouvoir d’achat, si on craint le chômage pour soi ou ses proches, si on vit dans une agglomération, on souhaite plus d’activité globale, de services de confort, de commodité dans les transports, de sécurité dans son alimentation etc.
Le monde des entreprises, et celui des économistes connaissant les extrêmes capacités d’adaptation du marché, doit donc a priori jubiler : un gigantesque potentiel de demande (et même d’exigence) nouvelle surgit. Qui plus est, il est encouragé par les pouvoirs publics et un large consensus du monde politique soutenu par de grandes autorités morales.
Qui plus est encore, les outils nécessaires à cette évolution profonde et rapide de l’offre semblent à première vue favoriser nos « vieilles » économies : maturité déjà avancée de la consommation orientée vers les services et les produits de qualité, rigueur et solidité scientifique des instruments de surveillance des normes, haut niveau scientifique etc.
Cela peut donc être le jackpot : une demande exacerbée en nouveaux produits, nouvelles méthodes, nouveaux emplois, nouveaux circuit de distribution, nouveaux certes, mais pas inexplorés, déjà largement pressentis et réfléchis (cf. le rapport Balmes de la CCIP soulignant le potentiel d’emplois et de croissance d’une amélioration de l’efficacité énergétique (lien)).
Mais il y a un grand mais. Une évolution potentielle aussi massive et rapide des attentes du consommateur (privés, individuels mais aussi publics et collectifs) constitue un choc considérable au niveau micro économique pour les secteurs ou les finances publiques.
Il est facile de concevoir l’état final idéal de notre nouvelle croissance : des industries fabricant des objets peut-être coûteux mais de haute qualité et de grande durabilité, ou plus précaires mais avec des processus de recyclages ultra sophistiqués, des logements économes et intelligents, reliés par des infrastructures de transports collectifs également économes et intelligents, une grande proportion de services à la personne et de consommation de « produits immatériels », une nourriture de qualité gustative et sanitaire, des panneaux solaires sur tout les toits avec une gestion à la fois globale et décentralisée des processus de stockage et d’écrêtement des consommations, des véhicules « propres » et utilisé rationnellement pour des déplacements suffisamment longs, familiaux et rares etc.
Mais quels seront le cheminement, le rythme et les précautions à prendre dans ce processus potentiellement explosif ou les risques de surréaction, de déséquilibres, voire de révolte ne sont pas exclus avec à la clé finalement moins de croissance : les entreprises doivent s’interroger.
L’exemple des carburants verts vient bien sur à l’esprit, montrant que ce qui est pertinent économiquement et moralement, au niveau local, régional ou même national, peut devenir globalement contestable et dangereux. Et on peut aussi se poser de nombreuses questions sur les conséquences potentielles des politiques envisagées et leurs concepts.
Par exemple :
- comment réagiraient les salariés de l’automobile si les consommateurs, par conviction ou sous contrainte n’achetaient plus de moyennes ou grosses cylindrées ?
- comment réagirait le français moyen si les coûts de mise aux normes obligatoires de son logement représentaient plusieurs mois de salaire ?
- ou comment réagiraient les finances publiques si ce coût était largement pris en charges par un budget déjà mal en point ?
- comment faire comprendre au consommateur qu’il est criminel de brancher une ampoule à incandescence de 20 watts mais légitime d’allumer son convecteur de 2000 watts ?
- quel serait le sort des industries françaises offrant au juste prix de produits respectant scrupuleusement des normes sévères alors que certains concurrents apposeraient indûment la même norme à des pays plus laxistes ?
- le rail et la voie d’eau seraient-ils à même de prendre le relais d’un transport routier qui serait délibérément bridé et surtaxé ? Comment gérer les coûts financiers et sociaux de la transition surtout si nos voisins ont des politiques différentes ?
- le progrès en sécurité et en qualité générale sera-t-il admis comme une hausse du pouvoir d’achat réel ou analysé comme de l’inflation appauvrissante ?
En bref, le changement probable du paradigme de la consommation de masse est une vague sur laquelle l’économie peut surfer mais qui peut aussi être un tsunami ravageur.
C’est pourquoi je pense que l’élaboration au niveau Européen du « Plan d’action pour une consommation et une production durable, et pour une politique industrielle durable » est malgré, son intitulé pesant, un enjeu essentiel pour le monde entreprenariat. Celui-ci doit s’y faire (lien) entendre collectivement et par branche, secteur, voir individuellement.
Du dossier des normes peut sortir le meilleur (une réelle accélération du progrès et de la concurrence) ou le pire (son contraire). Le dossier de la définition et du calibrage des incitations fiscales et parafiscales mérite aussi une extrême attention, en additionnant le pragmatisme des entrepreneurs et la science des économistes.
Ainsi, comment ajuster une politique de bonus-malus de telle manière qu’elle évite tout autant les effets d’aubaine, les distorsions abusives de concurrence, la ruine des finances publiques, ou la pérennisation de normes désuètes ? Ces questions et bien d’autres vont mobiliser la CCIP ces prochains mois, vos contributions et commentaires nous serons précieux.



explosif en effet; comment eduquer la population du vieux monde a se defaire de son mode de vie depasse; donnez nous plus de clés pour notre quotidien , erivez nous « le guide du avant/apres »
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Permettez-moi de vous faire part du lien suivant.
Je ne suis pas affilié au MEDEF mais je m’intéresse de près au débat public, notamment sur les enjeux du développement durable, depuis que j’ai vu le film d’Al Gore. Je me permets de vous renvoyer vers le lien suivant
http://www.medef.fr/main/core.php?pag_id=119396.
Le propos me sembleun peu caricatural parfois, mais cela fait plaisir de voir et surtout d’entendre la patronne des patronnes dire que l’analyse et le « constat » sont partagés par les chefs d’entreprise … Il en aura fallu du temps …
Pourquoi ?
Par ailleurs, si vous êtes plus particulièrement intéressés par le principe de précaution, je me permets de vous renvoyer vers l’émission d’Alain Finkielkraut, Répliques, qui a eu lieu il y a une quinzaine de jours sur ce sujet.
http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/fiche.php?diffusion_id=66884
Un débat très intéressant entre Claude Bébéar dans sa casquette de président de l’Institut Montaigne, et Olivier Godard, Directeur de recherche au CNRS, prof à l’ X et « Ayatollah modéré » …
Bien à vous
Etienne
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J’aimerais qu’on fasse sérieusement, à l’échelle mondiale, le solde suivant :
Les « - » liés aux économies d’énergie, à des produits de meilleure qualité donc une production plus durable et donc plus réduite, à de nouveaux modes de consommation comme les transports en commun réduisant l’activité du secteur automobile et pétrolier, etc…
Les « + » liés au « green business », au développement de services, au développement de l’e-business, à une plus forte valeur ajoutée de produits de meilleure qualité, etc…
Le résultat serait loin d’être accessoire : si le solde est très négatif, il faudrait un gros effort de pédagogie pour expliquer aux premiers citoyens concernés que leur niveau de vie va diminuer et un gros effort pour harmoniser la diminution de niveau de vie afin d’éviter que certains soient beaucoup plus touchés que d’autres (les salariés du secteur automobile par exemple). Si le solde est positif, alors pourquoi attendre ? Sachant qu’il faudra quand même, comme vous le précisez, que la transition se fasse aussi de manière harmonieuse.
J’ai mon idée sur le résultat mais j’attends qu’on me démontre mon erreur d’intuition, cependant je pense que le grand défi de l’avenir sera d’arriver à réduire notre niveau de vie sans diminuer notre qualité de vie, voire en l’améliorant.
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Vousen demandez beaucoup aux économistes…!Je vous transmets à cet egard l’opinion de notre ami Jean Luc Biacabe: »il pose la bonne question .
Au minimum, ce dont on est sûr c’est que les moyens mis à lutter contre le réchauffement climatique, à promouvoir une croissance plus respectueuse de l’environnement etc. ne seront plus disponibles pour d’autres usages. Cette politique se fera au propit de certain et au détriment d’autres secteurs : le bâtiment sera le grand gagnant, le moteur à explosion le grand perdant.
La seconde certitude, c’est que les coûts sont pour maintenant, les gains pour demain. Ca s’appelle un investissement ; l e hic c’est que son TRI est relativement faible (le retour sur investissement se calcule en décennies).
Enfin, dernière certitude (ça en fait beaucoup), tout cela n’a aucun sens au niveau national »
En ce qui me concerne j’ajouterai qu’il ne faut pas confondre moindre consommation de matériaux non renouvelables et moindre croissance de la consommation en général.Pour donner un exemple caricatural,vous pouvez consommer deux fois plus de jeux videos chargés en ligne sans affecter beaucoup les ressources de la planete,la production est celle des neurones des concepteurs.Comme je l’ai dit,la difficulté est dans la progressivité de la transition,qui exige un pilotage macro économique mais aussi sectoriel et micro économique.Une des grandes responsabilités économiques des états sera,dans certains domaines,de permettre aux agents économiques d’effectuer avec une securité minimale des calculs sur le long terme en des domaines comme le prix de l’énergie..
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Il est clair que ce nouveau secteur représente beaucoup de business. Dans notre secteur (panneaux solaires), on assiste à l’apparition d’une concurrence uniquement orienté business et très peu orienté vers le service ou le savoir-faire. Il est certain qu’avec la demande, l’offre arrive, aventuriers et chercheurs d’or compris.
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C’est vrai qu’il y abeaucoup de businness autour de ça… dans mon secteur les panneaux solaires il faut également faire attention à qui on s’adresse…
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En effet, un amis à moi est installé en panneau solaire depuis 20 ans .. je doute encore de la rentabilité de son projet ..
Un peu une arnaque, comme le business de carte grise en ligne sur certain website!
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