Les syndicats, la grenouille et le bœuf

Grandiose ! Historique ! Exceptionnel ! Que ne nous avait-on pas promis au sujet des défilés attendus le 1er mai 2009. Les organisations syndicales, envieuses de réitérer « l’effet bœuf » de leur démonstration de force des 29 janvier et 19 mars derniers (de 1 à 3 millions de manifestants), usaient et abusaient, telle, la grenouille chère à La Fontaine, de leur unité affichée pour faire grossir les rangs des cortèges qui devaient battre le pavé des plus grandes villes de France en cette journée traditionnellement dédiée, depuis plus d’un siècle, aux revendications sociales.

A l’arrivée, le résultat est certes honorable : de 465.000 à 1,2 million de personnes sont descendues dans la rue : beaucoup plus qu’à l’accoutumée mais nettement moins que lors des deux précédentes journées de manifestations. Le Gouvernement et le monde patronal, destinataires du message qu’était censé leur adresser une mobilisation massive des français, ont donc beau jeu, aujourd’hui, de regarder de haut les huit grandes centrales syndicales chercher un second souffle. Le message que leur a adressé le Ministre du travail, Brice Hortefeux, dès samedi 2 mai, va en ce sens. Le dialogue avec les organisations syndicales se poursuit, dans le calme et la sérénité. Mais pas question de prendre de nouvelles mesures ! Il y a urgence à attendre, dès fois que le front syndical, telle la grenouille de la fable, finisse par éclater à défaut de résoudre la quadrature du cercle : comment, alors que la crise économique, financière et sociale s’installe durablement, maintenir la mobilisation des salariés ?

Faute de trouver de nouveaux modes d’action fédérateurs, il y a fort à craindre que l’unité syndicale s’étiole. Car ne l’oublions pas, la grenouille syndicale française « n’est pas grosse en tout comme un œuf » : à peine 10 % des salariés français, secteurs public et privé confondus. Aussi, le désengagement des sympathisants ne manquera pas, s’il se confirme, d’achever le travail de sape de l’action intersyndicale auquel procèdera inévitablement la mise en œuvre de la loi démocratie sociale du 20 aout 2008.

Les grandes centrales doivent, en effet, faire face à un autre défi, celui des élections dans les entreprises. Il en va de leur représentativité, et donc de leur rang, à tous les niveaux, y compris au plan national interprofessionnel. Au fond n’était-ce pas là le seul enjeu de ce 1er mai : remettre à plus tard la lutte fratricide que ne manqueront pas de se livrer des organisations syndicales soucieuses de préserver leur prérogatives ou, pour celles qui frappent à la porte (UNSA, FSU…), d’en acquérir de nouvelles ?

Si tel était le cas, il ne resterait donc plus qu’à attendre que la grenouille explose…

Rédigé par Marc Canaple le 11 mai 2009 à 11:35

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  1. Posté par Koufra le 26 mai 2009 à 9:07

    Adieu veau, vache, cochon aurait dit Perrette.

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